( 16 février, 2017 )

Alimentation, médecine et pharmacopée au Moyen-Age.

C’est en janvier dernier que Mr Philippe Coudier, docteur en médecine a tenu une conférence en la Chapelle Saint Pierre de Roquebrune-sur-Argens sur le thème « Alimentation, médecine et pharmacopée au Moyen-Age. La qualité de cette conférence a été unanimement saluée par l’auditoire et a suscité l’intérêt de la presse locale. Ci-après, une synthèse de cette conférence dont le texte original peut être remis sur demande.

Conférence.

Conférence sur l’alimentation – la médecine et la pharmacopée au XIIème siècle.

Par le Dr Coudier

pour la Commanderie Roncelin de Fos en Avignon.

Aperçu du XIIème siècle au travers d’un triptyque sociétal que nous allons développer

Ce texte est une synthèse du texte original. Pour obtenir le texte complet, veuillez contacter la commanderie.

La médecine au XIIème : son contexte historique et philosophique.

Elle se caractérise par une coexistence pragmatique :

  • d’une médecine officielle : celle de l’école de médecine dont les référents sont Hippocrate (460 avant JC) et Galien (130 après JC), représentée par les médecins, pas encore de chirurgiens, des maîtres apothicaires.

Médecine basée sur l’étude de l’anatomie in vivo et la théorie des   humeurs dont le déséquilibre cause maladie physique et trouble psychique.

  • d’un autre coté la médecine  populaire aux méthodes empiriques (guérisseurs, charlatans, pèlerinages thérapeutiques, saints guérisseurs).

Un bref rappel des bases gréco-romaines sur lesquelles reposait la médecine occidentale du XIIème siècle est décrit dans un premier temps associé à la place de l’Eglise ; seule véritable force de l’époque permettant d’éviter le chaos sociétal et culturel et l’on pourra dire sans exagération que si l’Eglise fit le Moyen Age ; le Moyen Age fut l’Eglise.

Ce constat aura de fait une incidence toute particulière sur la Médecine.

Pour l’Eglise, le corps humain possède un caractère sacré, image d’un Dieu supposé, ordre moral sur les fidèles au travers de rites et sacerdoces. Elle prohibe et punit les dissections de cadavres en général, l’autorisant de façon parcimonieuse au même titre que l’islam, enseigne que Dieu envoie parfois la maladie comme punition et dans ces cas, le repentir peut amener à la guérison.

Cette croyance conduit à recourir à des pratiques comme la pénitence et le pèlerinage, comme étant des moyens de guérir d’une maladie.

Pire, certaines personnes considèrent la médecine comme une profession non convenable pour les chrétiens, du fait qu’ils croyaient que la maladie était souvent une punition du ciel.

Dieu était considéré comme le médecin divin qui envoyait la maladie ou la guérison selon sa volonté etc.

Les questions que vous attendez tous : Qu’en était-il de l’autre coté de la Méditerranée et en Andalousie ? La médecine arabe et sa domination était-elle réelle ?  Pourquoi la conquête arabe fut une chance pour l’Europe Chrétienne du Haut Moyen Age par la fuite des cerveaux et leur immigration en Europe ? Par ailleurs quels types de médecine pratiquions nous au Moyen Age et pour quelles maladies et par qui ? Qui sont les Nestoriens, véritables responsables de l’essor de la médecine de part et d’autre de la méditerranée ? Quels types de médicaments utilisait-on ? Que nous ont apporté les croisades ? Vous le saurez en nous contactant.

Le deuxième volet est très intéressant sur le plan de la compréhension de cette période historique car il porte sur l’alimentation.

 Avant de décliner l’alimentation sur un plan analytique, il est indispensable d’en comprendre le contexte sociétal et culturel au sens large du terme.

 La différenciation culturelle entre l’Europe du nord celte et germaine et le modèle gréco-romain du sud se déclinent au niveau du régime alimentaire

Il s’agit véritablement d’un choc culturel entre la rencontre du régime carnassier du conquérant du Nord avec le régime végétarien monacal du conquis en apparence et plutôt d’origine végétale pour le Sud (céréales et légumes).

  • La différenciation sociale entre couches nobiliaires et couches humbles.

Le style d’alimentation d’une personne doit impérativement être conforme à son statut sociale et il est impensable d’y déroger, ce d’autant que ce dogme est enraciné dans la culture romaine et barbare depuis toujours et cela continue à l’époque du Moyen Age avec l’aval de l’Eglise.

L’alimentation au Moyen Age est donc un marqueur social et se doit d’être envisagée comme un système de pensée.

La société féodale est très hiérarchisée et cette division sociale se retrouve jusque dans les assiettes. Malheur à celui de sa classe qui ne suit pas le code de ce langage. Il est immédiatement blâmé ou rappelé à l’ordre.

  • La hiérarchisation des aliments selon leur plus ou moins grande proximité avec le ciel : principe culturo-religieux.

Plus le rang social était élevé, plus les mets consommés devaient se rapprocher du ciel et la médecine grecque était encore bien présente.

  •  L’alimentation est vécue comme une médecine et son application obéit à des règles (développé dans le texte original)
  • L’influence de l’Eglise et le modèle alimentaire monastique. (développé dans le texte original)
  • La conservation des denrées. (développé dans le texte original)
  • Qu’elles étaient les denrées consommées ? (développé dans le texte original)
  • Les apports caloriques. (développé dans le texte original)

Tout d’abord, il faut une fois de plus tordre le cou aux idées reçues de famine perpétuelle durant cette période même si des périodes de disette dues aux guerres et aux mauvaises conditions climatiques ont émaillé le millénaire.

La ration alimentaire dépassait souvent les 4000 kcals par jour, soit le double de nos jours. Le pain est l’aliment le plus consommé (glucides) et il constitue près de la moitié de la ration calorique et pouvait atteindre jusqu’à 90%. La consommation de pain moyenne était d’environ 1. 200 kg par personne contre 150 g aujourd’hui.

  • Alimentation et Templiers

C’est l’alliance d’une nourriture de qualité et d’une hygiène stricte qui a permis aux chevaliers de prolonger leur vie. La nutrition des chevaliers était régie par plusieurs règles. Il était notamment interdit de manger de la viande plus de trois fois par semaine. Les jours restants, elle était remplacée par le poisson, les légumes et les plantes légumineuses. « La réduction de nourriture grasse réduisait ainsi le risque de maladies cardiovasculaires », selon nous. Les Templiers élevaient eux-mêmes le poisson, le bétail et avaient complètement renoncé au gibier. Ils ajoutaient du citron dans l’eau non seulement pour l’arôme, mais également pour la désinfecter et l’enrichir en vitamine C mais cette connaissance était empirique bien que le scorbut était déjà connu. Ils ne buvaient pas non plus du vin de raisin, qu’ils remplaçaient par du vin de palmier en y ajoutant de la pulpe de chanvre et de l’aloe-vera.(Les Maya appelaient cette plante « la fontaine de jouvence » ou la « source de jeunesse » ), utilisée contre le diabète, l’acidité de l’estomac, les ulcères gastriques, les troubles du colon, la dermatite, les pellicules, les inflammations, le cancer, le cholestérol et d’autres maladies auto-immunes. Les Templiers vivaient également plus longtemps car ils se lavaient rigoureusement les mains avant de manger et couvraient toujours la table avec des nappes propres.

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